Quand vous vous réveillez lematin,pendant quelques instants, avant de commencer à penser à la journée, vous vous sentez seulement éveillé, sans pensée particulière. Vous êtes simplement vous même, simplement conscient. Cette expérience se répète par intermittence au cours de la journée, mais peu de gens le remarquent, car nous avons l'habitude de nous identifier avec nos pensées dont nous suivont toujours le fil. En réalité, cependant, vous n'êtes pas ce que vous pensez.
Il se peut que vous ayez des difficultés à l'admettre, mais les pensées qui vous absorbent ne vous appartiennent pas -- elles appartiennent à votre nom, aux rôles dans lesquels vous vous êtes glissé. Si vous êtes une femme qui pense à son enfant, comment ça marche à lécole, que lui préparer à diner, etc., ce n'est pas vous qui avez ces pensées. C'est la mère. Si, en tant que médecin dans mon cabinet je pense aux diagnostics, aux prescriptions, c'est le docteur c'est le docteur qui pense. La mère et le docteur sont sans doute des rôles utiles... jusqu'au moment où ils sessent et où chacun de nous doit affronter l'enigme: " Qui suis-je?", à laquelle nous n'avons jamais obtenu de réponse, quelle que soit la conviction avec laquelle nous avons assumé nos différent rôles.
Vous pouvez cependant vous échapper de vos rôles en une fraction de seconde, si vous le voulez. Pendant que vous lisez cette page, tournez votre attention vers celui qui lit. Ou pendant que vous écoutez de la musique, vers celui qui écoute. Quand vous regardez un arc-en-ciel, tâchez d'entrevoir celui qui contemple. Dans tous ces cas vous sentirez immédiatement une conscience en éveil, attentive, détachée, silencieuse, quoique très vivante. Qu'avez-vous fait alors? Vous avez interrompu l'acte d'observer, pour entrevoir l'observateur. Cette manoeuvre vous donne instantanément la certitude absolue de votre existence car toute observation suppose un observateur immuable. Ce voyant est le facteur intemporel présent dans toute expérience temporelle, limité, et ce voyant, c'est vous.
Le perspective de l'intemporalité peut vous effrayer si vous vous identifiez fortement aux rôles que vous jouez. La plupart des gens sont effondrés quand ils perdent leur emploi, quand leur enfant deviennent adulte et quittent la maison familiale, quand l'épouse qu'ils chérissent meurent.
Etre réellement c'est exister dans toute sa plénitude. La réalité dont il est question ici ne peut être définie, il faut l'éprouver pour la comprendre. Soyez attentifs à ces brefs instant de la journée où vous éprouvez votre moi fondamental à travers une respiration, un sentiment, une sensation. Demain, avant de vous lever, tâchez de capter ce fugace sentiment d'existence, pur et simple, qui précède le bavardage de l'esprit. Cet état immobile, silencieux, anonyme, est très satisfaisant. Il est inaccessible à la pensée, à la parole ou à l'action. C'est la forteresse dont aucune armée n'escaladera jamais les murailles, qui abrite le sanctuaire où sont conservé les véritable trésor de la vie.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires





